Nouvelles pistes
© Gael K
A l’Arc de Rezé, le vendredi 21 octobre, l’enjeu était osé : proposer au public cinq représentations imaginées par huit jeunes artistes circassiens tout juste sortis de leur centre de formation de la Fédération Française des Ecoles de Cirque. Certes, ces artistes ont été sélectionnés pour leur talent technique et créatif, mais il a tout de même fallu leur faire confiance pour les lancer sur scène, une scène qu’ils ont chacun investi personnellement, en fonction de la nature du spectacle proposé (jonglerie, portés acrobatiques, contorsion, double mât et cerceau aérien) et du thème qu’ils ont imaginé pour nous faire découvrir leur savoir-faire.
Chaque artiste avait huit minutes pour convaincre le public, une contrainte intéressante puisqu’ils nous ont offert beaucoup en peu de temps, donnant toute leur énergie et faisant preuve d’ingéniosité pour nous étonner, voire nous émerveiller. Les séquences étaient bien rythmées et le public ne s’est pas ennuyé, surtout les enfants qui le composaient majoritairement.
Les jongleurs Lyse-Hélène Legrand et Alexandre Humez m’ont fasciné par leur capacité à travailler véritablement à deux, puisque l’un sans l’autre le spectacle n’aurait pas eu lieu. Ils étaient en osmose totale, au rythme d’un morceau de percussions enivrant, travaillant à la fois leur dextérité et l’esthétisme, utilisant les balles blanches comme des éléments graphiques dévoilant un tableau.
Belle surprise aussi avec le duo Aurélie Compagnon et Julien Amiot, qui ont su créer une véritable identité autour d’un spectacle de portés acrobatiques. Leurs costumes et accessoires fantastiques, à la manière des films animés de Tim Burton, dégageaient une ambiance surprenante qui m’a touché et m’a aussi beaucoup fait rire.
J’ai été moins emballée par la prestation d’Elza Davidson, la contorsionniste, qui n’a pas su, d’après moi, aller au-delà d’un simple spectacle de contorsion. Je suis restée un peu sur ma faim, tout comme pour la prestation de Gaëtan Dubriont au double mât, qui m’a époustouflé quant à ses performances techniques mais qui ne m’a pas transporté autant que les autres artistes, malgré la musique innovante de Léo Danais, le musicien hors pair qui l’accompagnait.
Pour finir, j’ai été agréablement surprise par Odeline Vrignaud, au cerceau aérien, qui nous a présenté un spectacle déjà très professionnel, avec une recherche intelligente de scénario pour accompagner ses prouesses techniques. Tout était réglé comme du papier à musique, je me suis évadée à l’observer danser en apesanteur si légère et en même temps si puissante.
Nouvelles pistes était donc un spectacle plein d’innovations et de poésie, accessible à tous, qui a su varier les plaisirs des spectateurs pendant une heure et personnellement j’en aurai redemandé car ces huit jeunes artistes, qui m’ont vraiment fait rêvé, sont promis à un bel et grand avenir !
Anne-Sophie
- Imprimer
- Recommander cet article




