Nhaoul de Kamilya Jubran et Sarah Murcia


  • © Emmanuel Rioufol

Le théâtre nous offre l’intimité propice à l’écoute de la création, la salle est bien remplie. Le décor est simple, en accord avec le thème Nhaoul (métier à tisser), sont suspendues quatre bandes de tissu blanc placées à la verticale où se projette une lumière rouge.

Quand Kamilya Jubran entre, le silence règne, puis saisissant l’oud les notes sonnent et raisonnent, l’envoûtement commence. Cette sonorité que mes oreilles n’ont pas l’habitude d’écouter me berce, me calme, me rentre dans les tripes. Le rythme s’accélère devient puissant et sonne résolument moderne, on ne peut qu’admirer la manipulation amoureuse entre l’artiste et l’instrument.

Puis vient la voix suave, forte, fragile, pleine de tendresse et de ferveur avec un texte dont je ne comprends pas le sens mais pour ce qui est de la forme, il s’agit d’un texte sur l’amour, c’est certain ! Hayati c’est mon préféré. (J’ai découvert le livret avec la traduction de tous les textes à la fin du spectacle). La créativité et l’intelligence de l’interprétation de ces cinq femmes nous plongent dans un univers poétique où chaque note sonne et communique dans une harmonie chaleureuse.

La contrebasse lovée par Sarah Murcie ouvre une autre dimension encore plus grave et profonde. Cela est sans compter sur le violon (Catherine Debroucker), l’alto (Marion Brizemur ) et le violoncelle (Christine krauz) qui subliment le tout.

Cette création nous permet de nous rappeler que la langue et la culture arabes sont riches en intonations et en poésie. Ce qui n’est que trop rarement mit en valeur dans notre quotidien.

Un grand merci aux artistes pour l’intimité et l’enrichissement partagés.

Priscille Baelen