Art contemporain

Tripode


  • Clément Laigle © Sylvain Bonniol

Galerie de l’Espace Diderot

Depuis 2002, Tripode organise des expositions monographiques de jeunes artistes en leur proposant, pour beaucoup d’entre eux, une première expérience en solo accompagnée de la production d’une œuvre.Dans les premiers locaux de l’association ont pris place deux programmes d’expositions : Exhausteur de goût et Interdit au public où 25 expositions se sont succédées en épisodes.
Depuis 2005, le programme Suggestion de présentation propose de nouveaux épisodesdans la galerie d’exposition de l’Espace Diderot à Rezé, une architecture de Massimiliano Fuksas dont le volume noir, clos et incliné, d’une superficie de 200 m2, offre un cadre inédit de production et de diffusion — la galerie développe naturellement un goût marqué pour l’expérimentation et la réflexion sur le format d’exposition.

Exposition du 27 avril au 1er juin 2013

Suggestion de présentation, épisode 28

Stéphane Bérard
Yeah !

Vernissage samedi 27 avril de 17h à 21h

L’épisode 28 du programme d’expositions, Suggestion de présentation, est l’occasion pour Tripode de poursuivre sa collaboration avec l’artiste Clément Laigle. Outre la sculpture, celui-ci pratique le commissariat d’exposition avec
Mélaine Rouger, sous l’énigmatique acronyme MBDTCurators. Le duo de commissaires, formé en 2011, a choisi, pour son quatrième projet, d’inviter Stéphane Bérard à réaliser une exposition personnelle dans la galerie de l’espace Diderot, à Rezé.
Plasticien, musicien, réalisateur, écrivain, chanteur et designer, Stéphane Bérard produit des pièces sous divers médiums, une œuvre à forte valeur équivoque. Par simple réciprocité il observe la société qui l’entoure et s’empare
de ses codes, de ses structures, pour en révéler et en souligner des fonctions cachées ou refoulées. Ses références, éclectiques, peuvent être politiques autant que sociales et artistiques. Ses œuvres peuvent parfois prendre la forme de projets industriels issus d’inventions à l’utilité discutable, ou encore la forme d’interventions délibérément disruptives, visant à transformer ou corriger des comportements face aux objets. Stéphane Bérard est de ces artistes qui s’ingénient à n’être pas là où on les attend, ou plutôt juste à côté, développant un esprit critique aiguisé et un humour non dissimulé.
L’exposition Yeah ! de Stéphane Bérard présente l’installation Politique d’accompagnement aux formes innovantes qui, selon l’artiste est composée de : « Deux cimaises, trois socles servant trois morceaux de musique penchée jusqu’à la chaise du gardien. Mais revenons, si vous le voulez bien, vers un déroulé des stances, à ces cimaises donc, leurs trois socles servant trois morceaux de musique penchée jusqu’à la chaise du gardien maintenant l’estime au bâti fait d’amour et de béton cellulaire asséné par les pouvoirs publics, cette inflexion d’architecte, son ultime développement à l’étudiée régie d’exposition. »
L’installation entre donc en résonance avec l’ensemble du bâtiment (la galerie d’exposition et la médiathèque), et se joue avec humour de l’architecture conçue par Massimiliano Fuksas. Elle vient accentuer le déséquilibre physique
de la galerie et questionne, par une mise en scène d’éléments muséographiques, la fonction et l’image de l’espace d’exposition. Comme le souligne Johann Defer : « En tant qu’artiste conceptuel, Bérard met en scène des dispositifs qui interrogent autant leur structure institutionnelle de réception que la notion supposée cautionner leur existence, l’art. » (in Les protocoles expérimentaux de Stéphane Bérard, éditions La passe du vent, 2006)

Son œuvre est présente dans des collections publiques et privées.
Le travail de Stéphane Bérard est représenté par la galerie Eva Meyer, Paris.

Une séance, deux films de Stéphane Bérard
mercredi 22 mai à 20h30
Cinéma Saint-Paul de Rezé
Tarif unique 4 euros

Comme un pas chassé à l’exposition, deux films de l’artiste seront projetés au cinéma Saint-Paul de Rezé. Stéphane Bérard a débuté sa carrière par l’écriture, puis très vite plasticien puis réalisateur, chaque médium en appelant un autre. Mortinsteinck et L’écart sont les deux premiers longs métrages vidéos de l’artiste. Depuis cette période, il a réalisé deux longs-métrages, enregistré trois albums, traduit intégralement L’Enfer de Dante en 2008, et participé à une
cinquantaine d’expositions.

Mortinsteinck , 1998, 75’
Avec Alexandre Gérard, Nathalie Quintane, Stéphane Bérard, Yvan Etienne, Pierre et Lella le Pillouër, Benoît Coze, Hubert Lucot, Olivier Blanckart,
Sylvester Stallone...
Un jeune homme en tue un autre. De remords et de tristesse, il part s’engager dans la Légion étrangère…

L’écart, 1999, 75’
Avec Alexandre Gérard, Nathalie Quintane, Céline Lican, Yvan Etienne, Jacqueline Bérard, Eric Mangion, Arnaud Labelle-Rojoux, Jacques Sivan,
Françoise Lebrun...
Dassoule Ghéghisz, une réfugiée d’Europe centrale rencontre Yves Chétule un jeune thésard qui se propose de lui venir en aide...

« La première caractéristique des films de Stéphane Bérard est donc de caractériser, de modéliser à l’extrême les personnages et les paysages en les réduisant à des fonctions, c’est-à-dire à des charges et des actions minimales dont ils doivent s’acquitter pour exister dans le film. Les films de Bérard ne sont pas des films parodiques mais des films topiques. Stéphane Bérard plie les films Hollywoodiens à ses schèmes. Il les presse comme des citrons, aussi fort que possible, il évacue le jus et garde la peau tannée du fruit comme mémoire du geste et comme représentation non pas d’une forme mais d’un mouvement intérieur. » (Jean-Marc Chapoulie in Preuves de Cinéma, 2005)

Exposition du 23 février au 23 mars 2013
Suggestion de présentation, épisode 27

Clément Laigle
Contre.

Vernissage samedi 23 février de 16h à 21h

Conçu en rupture délibérée avec la « tradition du cube blanc » propre aux lieux destinés à exposer des oeuvres d’art, cet espace noir et oblique constitue pour chaque artiste invité par Tripode une occasion de confronter son travail à un cadre inhabituel, voire hostile. Si la « neutralité » blafarde des espaces d’exposition contemporains reste sujette à débat, elle n’en demeure pas moins habituelle pour le public de ce genre d’évènement. Le parallélépipède noir de l’espace Diderot est à ce sens une tentative brutale et autoritaire de changer la donne. Chaque artiste qui s’y installe doit remettre en question ses habitudes, le noir de l’espace et ses dimensions de cathédrale impliquent l’éclairage, et par là la théâtralité. Qui voudrait s’y soustraire ne ferait que lui laisser la place.
Chacun s’en accommode à sa façon. Clément Laigle choisit la confrontation directe.
À l’aise dans ce genre de rapport conflictuel au contexte, il produit une oeuvre empruntant au registre de la construction ses matériaux et usages, comme pour combattre un adversaire avec ses propres armes. Il oppose à l’autorité coercitive de l’architecture, qu’elle soit ancienne ou contemporaine, des sculptures dont l’autonomie confine à l’insubordination.
Dans cet espace caractérisé par ses murs obliques et ses poutres métalliques, il installe une sculpture monumentale en bois de charpente, aux angles droits, prenant la forme d’un portique fonctionnaliste doté de bancs et d’un système d’éclairage propre. à la manière du gradin, prothèse à public, bien rangé dans un coin, l’oeuvre semble être un nouvel équipement pour l’envers du décor, qui permettrait même de s’asseoir pour en prendre toute la démesure. Son absence de fonction n’est pas sans rappeler les folies architecturales du 18è siècle (la coquetterie en moins) et renvoie la galerie et son architecture à l’arrière plan, comme un paysage au pittoresque discutable.
Un objet rassurant mais pas trop, comme un arrêt de bus la nuit dans une zone industrielle.
« L’architecture, c’est comme le langage, on ne peut pas y échapper ».
Autant lui tordre le cou tout de suite.

site internet de l’artiste

Novembre 2012
Suggestion de présentation, épisode 27

Mathieu Kleyebe Abonnenc

La saison 2012-2013 prolonge cet esprit de laboratoire, tout en proposant une temporalité d’incubation différente : Tripode invite pour l’occasion Mathieu KLEYEBE ABONNENC à inscrire sa proposition artistique sur le long terme et à partager ses recherches avec le public au cours de plusieurs temps forts : deux expositions mais aussi des rencontres, des conférences et un programme de médiation conçu en direction des publics scolaires et rezéens.
Depuis quelques années, l’artiste Mathieu KLEYEBE ABONNENC explore une matière première impalpable, la mémoire collective, pour en détourner le sens et reconstruire, entre fiction et réalité, un nouvel espace-temps. A Tripode, et aussi hors de la galerie grâce à de nouveaux partenariats, tels que la médiathèque de Rezé, il poursuit cet axe de pensée transversale et contextuelle, qui croise la sociologie, la philosophie, la politique et les arts visuels contemporains.

Toutes les expositions présentées dans la galerie de l’espace Diderot sont produites par Tripode, avec l’appui de l’arc